Keur Serigne Touba
Serigne Shouaïbou : l’éducateur et le recteur
Article mis en ligne le 24 novembre 2014 par BAYE FALL

Serigne Shouaïbou, fut marqué de façon indélébile par les propos qu’il a retenus de sa rencontre avec son père et maître spirituel Khadimou Rassoul. En effet il lui avait dit : " je voudrais que tu excelles dans l’étude du Coran et que tu te consacres à son enseignement ". Ces propos, il en a fait un sacerdoce auquel il resta fidèle durant toute sa vie.

Si la Daara de Serigne Chouaïbou est devenue célèbre, mieux une école de référence au Sénégal et même au delà, ceci est étroitement lié à l’engagement personnel de son recteur.

Au début c’est lui-même qui s’occupait de l’enseignement, mais par la suite avec l’âge et ses autres exercices de dévotion, il en confia la marche à des disciples qu’il avait lui même éprouvés dans leur fonction d’enseignant. Malgré le nombre d’élèves, il a de tout temps veillé directement sur un des piliers essentiels de l’enseignement : la méthode pédagogique. Cette fonction capitale, jusqu’à son rappel à DIEU, c’est lui-même qui l’assurait jalousement.

En fait, on serait tenté de dire que l’une des manifestations de la bénédiction qui a rejailli sur son enseignement est sans doute la maîtrise du Coran par un nombre incalculable des pensionnaires de son école, mais aussi de la durée de leur cycle qui est un record en la matière. En effet comme dans les Daaras de Cheikhoul Khadim, il n’est pas rare de voir des enfants à l’âge de 12 ans achever et calligraphier la Sainte Vulgate.

Ce pédagogue de grande renommée avait en effet inventé des méthodes spécifiques à certains cas qu’on disait désespérés. C’est qu’en réalité sa résolution et sa détermination à faire porter le livre de DIEU dans la poitrine d’un enfant ne reculaient devant aucun obstacle.

A ces pensionnaires, dont lui revenait l’entière prise en charge aussi bien du point de vue nourriture, habillement que moyens pédagogiques, il savait inculquer par ses entretiens brefs, de profondes leçons de soufisme, véritable nourriture de l’aspirant. Un des aspects les plus dominants de ses exhortations tournait dans le sens de la responsabilité et de la décision spirituelle qui doivent caractériser le novice.

Ainsi, il leur tenait fréquemment ces paroles :

" tout homme responsable qui a délibérément abandonné père et mère sans contrainte, et tout ce qui s’attache à ce bas-monde et se consacre exclusivement à la recherche d’une chose, tout ce qu’on lui recommande comme directive pouvant le lui procurer, il doit l’observer et tout ce qu’on lui défend comme interdit pouvant le lui priver il doit s’en abstenir. Sinon, tout autre comportement qu’il adoptera sera une illusion de sa part ".

Dans ses recommandations revenait toujours une vertue capitale : la constance dans les bonnes actions. Il détestait l’oisiveté comme le défend Cheikhoul Khadim dans son traité de politesse légale " Nahju Qadâ’il hâj " ou La voie de la réalisation des besoins ".

" Ne préfères jamais l’oisiveté et le repos, car ces deux n’engendrent guère le bien ; la gloire n’est obtenue qu’au prix de l’effort ".

Ainsi, il les avait soumis à un rythme très chargé pour leur défendre le désoeuvrement dans toutes ses formes. Il n’était pas rare de voir un de ses élèves après avoir réciter sa leçon du jour, s’adonner à la révision d’une partie du Coran sans pour autant que cela ne l’empêche de calligraphier sa leçon sur une tablette.

La calligraphie est un domaine dans lequel il excellait et bénéficiait d’un don. Un des disciples ayant fait ses études chez lui confie qu’ il leur arrivait de rester une journée entière à s’ émerveiller et à commenter un verset ou un poème calligraphié par Cheikh Shouaïbou, tellement la belle facture de la plume leur paraissait extraordinaire.

la preuve en est qu’aujourd’hui, il est unanimment reconnu dans le milieu scolastique sénégalais un style qui en calligraphie est appelé "l’école de Serigne Shouaïbou ". Il a formé une jeune génération qui a donné une réplique aux doyens d’âge dans l’esprit d’une saine rivalité d’ardeur.

Aujourd’hui, dans la Bibliothèque Cheikhoul Khadim édifiée par Cheikh Abdoul Ahad MBACKE 3ème khalife du Mouridisme, on trouve un nombre important d’exemplaires édités dont les calligraphes d’une dextérité rare, sont issus de cette école. On ne peut manquer de citer certains ténors dont

Serigne Djily MBACKE fils de Serigne Abdoul Ahad MBACKE ou

Serigne Abdoul Ahad MBACKE son propre fils ou encore

Serigne Mouhamadou Habib fils de Serigne Abdoulahi Mbacké,

tous des petis-fils de Cheikhoul Khadim.

La formation intellectuelle dans les sciences coraniques était complétée par de rigoureuses études en sciences religieuses. Sous la direction de Serigne Habibou MBACKE, l’Imam et l’érudit de grande renommée qui excellait dans beaucoup de domaines, l’école de Serigne Shouaïbou était aussi une référence qu’on dirait incontournable par la génération des fils d’autorités religieuses. Mettant sur pied un programme qui se propose d’épuiser toutes les disciplines de la scolastique traditionnelle, l’école a produit des savants et spécialistes en sciences fondamentales, sciences instrumentales et même en littérature.

Un jour, comme il entretenait des relations cordiales avec les savants et autorités religieuses, il reçut Serigne Hady TOURE de Fass TOURE. Lorsque les disciples venaient présenter leurs salutations à l’honorable hôte, chaque élève lui remis un poème en arabe en lui serrant la main. Appréciant la valeur et la teneur des écrits, l’érudit de fass s’exclama : " ceci m’est plus agréable que les réceptions ... "

Alliant la rigueur de la pratique aux enseignements théoriques, les adeptes de la daara de Serigne Shouaïbou même à bas âge, prennent l’habitude très tôt d’effectuer les prières canoniques dans la Mosquée. Aussi, à l’approche du mois de Ramadan, leur faisait-il des séances d’exhortation en vue d’une meilleure considération du mois béni.

Dans sa concession de Darou Rahmane malgré le nombre important des élèves, il était fréquent d’entendre un hôte demander s’il y avait du monde ici, tant la discipline qui y régnait était exemplaire, car chacun était occupé.

Le tout, pour corroborer la stature de l’éducateur que fut Cheikh Shouaïbou dont tous les pensionnaires qui ont fréquenté son école sont marqués d’une empreinte indélébile par ce recteur et ce pédagogue, dont toute la vie fut consacrée à la vivification de l’œuvre de Cheikhoul Khadim.

Serigne Shouaïbou : l’éducateur et le recteur
mamadou lamine ndiaye - le 26 janvier 2013

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